Les disputes territoriales au Moyen-Orient
Par Didier Leroy (OMAM).
Voici plus de 25 ans que j’ai tourné mes études, puis ma carrière, vers le Moyen-Orient. Travaillant pour la Défense, j’évolue principalement dans le domaine des études sécuritaires. Dans ce cadre, l’histoire et la géopolitique de la région sont souvent mobilisées pour décrypter les conflits contemporains et, dans mon cas, pour mieux comprendre les mouvements islamistes et djihadistes. Mes missions sur le terrain m’ont notamment amené au Liban, en Égypte et en Jordanie en vue de mener des entretiens, collecter de la documentation endémique – deux activités rarement photographiées – … mais aussi m’imprégner de la réalité des crises et des lieux (atmosphère sociétale, configuration des frontières, etc.).
C’est au Liban que j’ai rétrospectivement passé le plus de temps. J’y ai notamment mené ma recherche doctorale sur le Hezbollah au lendemain de la guerre des 33 jours (2006). Depuis lors, je n’ai jamais cessé d’écrire sur le mouvement chiite. Mes pérégrinations à travers ses principales zones d’influence – plaine de la Békaa, banlieue sud de Beyrouth et Sud-Liban – m’ont notamment permis de prendre ce cliché en visitant l’ancienne prison israélienne – devenue lieu de mémoire – à Khiam, à quelques kilomètres de la frontière avec l’État hébreu, en septembre 2017. Exemple de livre publié suite à ces recherches : https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/hezbollah-la-resilience-islamique-au-liban/36779
J’ai également pu me rendre souvent en Égypte tout au long des années 2010, marquées par la fièvre révolutionnaire des « printemps arabes ». C’est dans le tumultueux contexte des manifestations de la Place Tahrir que j’ai initié une étude portant sur le paysage islamiste local (Frères Musulmans, partis politiques salafistes, etc.). Et c’est dans une atmosphère post-coup d’état (de 2013) que je l’ai finalisée quelques années plus tard. J’ai pu photographier ces fresques dénonçant la mainmise de l’establishement politico-militaire au Caire en juin 2012, alors que Mohamed Morsi – le candidat frériste – remportait la première élection présidentielle libre du pays depuis des décennies. Exemple d’étude IRSD publiée suite à ces recherches : https://www.defence-institute.be/en/publications-2/security-strategy/ss-149/
Enfin, j’ai eu l’occasion de renforcer mes connaissances purement géopolitiques en sillonnant la Jordanie à travers tous ses gouvernorats en 2018 et 2019. J’avais beau avoir consulté une foule de sources écrites et de cartes illustrant la problématique du Golan syrien (annexé par Israël) à travers les années. Mais rien n’aurait pu davantage éclairer ma lanterne que ce panorama qui met en évidence le relief du fameux « plateau » du Golan. C’est depuis le site archéologique d’Umm Qais, au nord-ouest de la ville d’Irbid, que j’ai pu méditer face à ce territoire stratégique disputé. On y distingue le Lac de Tibériade à gauche, et la vallée du Yarmouk à droite. Nous étions alors en septembre 2018, et des explosions se faisaient entendre en provenance de la Syrie voisine où la guerre civile faisait rage. Exemple d’article publié suite à ces recherches : https://www.areion24.news/produit/moyen-orient-n-57/
Biographie
Assyriologue de formation, Didier Leroy est docteur en sciences sociales, politiques et militaires de l’Université libre de Bruxelles (ULB) et de l’École royale militaire (ERM). Antérieurement assistant auprès du Centre d’études de la coopération internationale et du développement (CECID) de l’ULB, il a rejoint l’Institut royal supérieur de défense (IRSD) en 2017. Il est par ailleurs chercheur associé à l’Observatoire des mondes arabes et musulmans (OMAM) de l’ULB et à l’Observatoire du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (OMAN) de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).


